Patrimoine

Pacs ou mariage : ce que ça change au niveau du patrimoine des partenaires

By 16 juin 2021mai 27th, 2026No Comments
Temps de lecture : 8 min.

Article mis à jour le 27 mai 2026 par M & F

« Pacs ou mariage sont tous deux des engagements qui présentent un caractère juridique. Il y a tout de même plusieurs différences majeures entre ces deux types d’union, notamment sur le plan fiscal, de l’héritage et de la transmission.« 

Pacs ou mariage, les deux statuts présentent de nombreuses similitudes pour le couple au quotidien. Mais on peut également noter de grandes disparités, surtout au niveau du régime matrimonial, des droits de succession en l’absence de testament ou des conséquences financières en cas de rupture. Retrouvez tous les détails dans la suite de notre guide 2026.

Pacs ou mariage : Définition et différences entre ces deux régimes

 

Le mariage et le Pacs sont deux formes d’unions stables qui encadrent juridiquement la vie commune. Pourtant, l’étendue de leurs obligations et la protection du patrimoine divergent.

Définition d’un mariage et d’un Pacs

Qu’est-ce qu’un mariage ?

Le mariage est une union solennelle célébrée devant un officier d’état civil à la mairie. Il engendre un ensemble de droits et de devoirs réciproques stricts (fidélité, assistance, secours, contribution aux charges du ménage) fixés par le Code civil.

Pour pouvoir se marier, plusieurs conditions légales doivent être remplies :

  • Être majeur (des dérogations d’âge exceptionnelles pour motifs graves ne peuvent être accordées que par le procureur de la République),
  • L’inexistence d’un lien de parenté ou d’alliance proche avec son futur conjoint,
  • Le célibat (ne pas être déjà engagé dans les liens d’un autre mariage ou d’un Pacs non dissous).

À l’occasion de l’événement, chaque conjoint salarié a droit à quatre jours de congés payés exceptionnels, non déduits des congés annuels.

Qu’entend-on par Pacs ?

Le Pacs ou Pacte civil de solidarité est un contrat conclu exclusivement entre deux personnes physiques majeures, de sexe différent ou de même sexe, pour organiser leur vie en commune. Contrairement au concubinage, il impose une obligation de vie commune ainsi qu’une aide matérielle et une assistance réciproques. Le Pacs est un contrat strictement bilatéral : il ne peut en aucun cas lier plus de deux personnes.

Il prend la forme d’une convention qui peut être rédigée sous seing privé et enregistrée en mairie, ou signée par acte authentique devant un notaire (fortement recommandé si le couple dispose d’un patrimoine immobilier ou financier).

Par défaut, les partenaires pacsés sont soumis au régime de séparation des biens : chacun reste propriétaire des biens qu’il acquiert. Ils peuvent toutefois intégrer une clause d’indivision dans leur convention pour que les biens achetés durant l’union appartiennent pour moitié à chacun.

Quelles sont les différences de statut entre Pacs et mariage ?

Critères Mariage Pacs
Nom d’usage Donne le droit d’usage du patronyme de son conjoint. Le pacs ne donne pas le droit d’utiliser le nom de son partenaire.
Les biens Régime légal de la communauté réduite aux acquêts (biens communs après mariage), sauf contrat notarié différent. Régime légal de la séparation des biens. L’indivision est optionnelle.
Dettes et solidarité Solidarité élargie aux besoins des enfants et à l’entretien du ménage entre les époux. Solidarité limitée strictement aux dettes liées aux besoins de la vie courante et du logement.
Filiation Présomption automatique de paternité : le mari est présumé être le père de l’enfant. Pas de présomption : une démarche de reconnaissance paternelle en mairie est obligatoire pour le père.
Succession légale Les époux sont héritiers légaux l’un de l’autre, protégés d’office par le Code civil. Les partenaires ne sont pas héritiers légaux. Un testament est obligatoire.

Pacs ou mariage : les avantages de ces deux régimes ne sont pas les mêmes

Sur le plan patrimonial, le Pacs offre plus de protections que le concubinage simple mais reste un statut moins protecteur que le mariage, en particulier concernant l’avenir à long terme de l’autre conjoint.

Les avantages du mariage : la protection maximale du conjoint

La gestion automatique de la succession et de la prévoyance figure parmi l’un des plus grands avantages du mariage. Avant l’union, ou en cours de vie commune, les époux peuvent adapter leurs régimes matrimoniaux (communauté universelle, séparation totale) pour optimiser la protection du survivant.

Au décès d’un époux, le conjoint survivant est d’office un héritier légal protégé par le Code civil. Il bénéficie de droits légaux précis (comme l’usufruit de la totalité des biens ou le quart en pleine propriété en présence d’enfants communs). De plus, en présence de parents du défunt et sans enfant, le conjoint évince partiellement ces derniers en obtenant une part majoritaire du patrimoine. Enfin, le conjoint marié est le seul à pouvoir prétendre à la pension de réversion (fraction de la retraite du défunt), un droit totalement refusé aux partenaires de Pacs.

Du point de vue du logement familial, la protection est totale : un époux ne peut céder, vendre ou sous-louer la résidence principale sans l’accord de l’autre, quand bien même il en serait l’unique propriétaire. S’il s’agit d’une location, le bail est co-détenu d’office par le couple.

Les seules issues légales pour dissoudre un mariage restent le décès ou une procédure de divorce.

Les avantages d’un Pacs : flexibilité et fiscalité avantageuse de son vivant

L’atout majeur du Pacs réside dans la simplicité et la rapidité de sa mise en place administrative (enregistrement gratuit en mairie avec une convention et des pièces d’état civil standards). Chacun conserve l’usage exclusif de son patronyme d’origine.

En termes de transmission par décès, le Pacs présente le même avantage majeur que le mariage : l’exonération totale des droits de succession. Le partenaire survivant paiera 0 % d’impôt sur la valeur des biens légués. Toutefois, attention à la nuance fondamentale : le partenaire pacsé n’a aucun statut d’héritier automatique. Sans rédaction d’un testament en bonne et due forme, il est considéré comme un tiers et n’aura aucun droit sur l’héritage du défunt. La rédaction d’un testament est donc impérative pour activer cet avantage fiscal.

Pour les donations de votre vivant, le Pacs s’aligne sur le mariage : vous profitez d’un abattement fiscal de 80 724 € sur les biens transmis à votre partenaire, une enveloppe renouvelable intégralement tous les 15 ans.

Concernant le logement, si un bail locatif est au nom d’un seul partenaire, le conjoint pacsé bénéficie d’un droit exclusif de transfert ou de reprise de bail si le titulaire officiel décède ou quitte subitement les lieux. Sur le plan de la protection courante, le régime légal de la séparation des biens met votre épargne personnelle à l’abri des dettes professionnelles ou personnelles contractées unilatéralement par votre partenaire.

Pacs VS mariage : des différences fiscales et une imposition différente

 

Du point de vue fiscal, le mariage et le Pacs entraînent exactement les mêmes effets sur l’impôt sur le revenu. Dès la date d’effet de l’union, les conjoints forment un unique foyer fiscal et font l’objet d’une imposition commune obligatoire.

Le couple déclare l’ensemble de ses revenus au sein d’une même déclaration. Le calcul de l’impôt s’appuie alors sur le mécanisme du quotient familial (2 parts de base attribuées au couple sans enfant). Cette formule commune est particulièrement avantageuse lorsqu’il y a une disparité significative de salaires au sein du couple, car elle permet de réduire globalement le montant de l’impôt exigé par rapport à deux impositions séparées.

Il existe de rares exceptions réglementaires où la déclaration séparée redevient obligatoire :

  • Uniquement l’année suivant l’union (au titre des revenus de l’année de conclusion), le fisc permet une option unique : le couple peut choisir entre une déclaration commune ou le maintien exceptionnel de deux déclarations séparées.
  • En cas de rupture de fait, si les époux ou partenaires pacsés sous le régime de la séparation des biens résident dans des logements distincts.
  • Si une procédure judiciaire de divorce ou de séparation de corps a été officiellement ouverte par un juge.

Concernant la fiscalité locale et immobilière, suite à la suppression définitive de la taxe d’habitation sur toutes les résidences principales, cette taxe ne subsiste que pour les résidences secondaires. Dans ce cas, marié ou pacsé, l’avis est émis de manière unique au nom du couple, qui est solidairement responsable de son règlement pour la gestion de l’éclairage et des coûts d’entretien du logement secondaire.

Que se passe-t-il en cas de séparation dans un PACS ou mariage ?

Mettre fin à un Pacs s’avère être une procédure simple et rapide comparativement au mariage. La rupture peut être conjointe ou demandée de manière unilatérale par un seul des partenaires. Elle s’effectue simplement par la signification d’un commissaire de justice (ex-huissier) transmise à l’autre conjoint, puis enregistrée auprès de l’état civil de la mairie ou du notaire initial. En cas de dissolution du Pacs, la loi ne prévoit aucune prestation compensatoire financière pour équilibrer la perte de niveau de vie de l’un des partenaires.

Dans le cadre d’un mariage, la rupture impose obligatoirement d’entamer une procédure de divorce, qu’il soit par consentement mutuel (sans juge, par acte d’avocats déposé chez un notaire) ou par voie judiciaire au tribunal en cas de désaccord. Lors de cette séparation officielle, le conjoint dont la situation financière est fragilisée par la rupture peut exiger le versement d’une prestation compensatoire sous forme de capital ou de rente afin de pallier la disparité de niveau de vie créée par la fin de l’union.